Ici ça va bien ; en France ça va mal

Salutation à vous, amis français, pour ceux qui ne sont pas transformés en bonhommes de neige (et aux éventuels lecteurs francophones non français, on sait jamais) ! Les vacances de Noël approchant, je me fends d’un petit billet avant 2 semaines (au moins) d’inactivité certaine. Vous me direz qu’après les 3 semaines d’inactivité précédent ce post, 2 semaines c’est dans la moyenne. Soit.

Alors d’abord, ici tout va bien, le temps est moisi : il pleut et il fait froid le matin – dans le sens où en t-shirt, je suis obligé de mettre le chauffage dans la bagnole histoire de pas choper un rhume. Chaque matin, je vocifère sous mes couvertures à l’idée de devoir une fois de plus affronter les rigueurs de l’hiver californien ; où est le climat tropical qu’on m’avait promis ? Saloperie de publicité mensongère. La Californie, c’était mieux avant.
Bon, comparé à la France et ses 15cm de neige qui paralysent le pays, Irvine ça reste la Ciudad del Sol (en espagnol parce qu’il y a plein de mexicains) (il y a aussi plein d’asiat’ mais je parle pas chinois/vietnamien/autre) (de l’humour raciste, ça manquait sur ce blog !). Les jours fériés de Noël et du nouvel an approchent ! Notez que j’ai dit « jours fériés » et pas « vacances », pour la simple raison que je suis un sbire – autre écriture de « stagiaire » – et que les sbires ont pas de vacances prévues dans leur contrat. Heureusement, ma boîte/mon patron sont cools, du coup on (les stagiaires) nous accorde 5 jours de congés informels par an. Congés que j’ai tous posés pour Noël, ma significant other m’offrant le plaisir de sa présence : je prends jeudi prochain, puis lundi, mardi, mercredi et jeudi de la semaine suivante. Comme les deux vendredis qui vont avec sont fériés, ainsi que le lundi 3 janvier, ça me fait 12 jours de vacances pour 5 jours de congé… On sait optimiser ou on sait pas ! Au programme, un passage à Vegas du 27 au 30 (inclus), mon deuxième séjour à Sin City, un mois après le premier. Que voulez-vous, je m’y sens bien dans cette ville, étonnamment.

Bon, ça c’était pour la partie « ici ça va ». Je développe pas trop le boulot, on s’en fout complètement de mes histoires de code, s’il y en a que ça intéresse de savoir pourquoi j’ai récemment perdu mes 4 derniers mois de travail (récemment : il y a une semaine ou deux maintenant), le secret industriel m’empêche de l’expliquer (ça veut dire « envoyez-moi un mail »). Maintenant, pourquoi dis-je que ça va mal en France ? Vous vous en doutez, si c’est moi qui dit ça, c’est pas à cause des si imprévisibles et imprévus 8 flocons hivernaux. Même si j’ai entendu des histoires incroyables de la part de mes contacts parisiens, je ne suis que vaguement compatissant et un peu consterné, avec une pincée d’amusement. Non, il y a quelque chose de bien plus sérieux qui, pour le coup, me consterne beaucoup.
Pour ceux qui lisent en entier les articles de ce blog, et qui ont bonne mémoire, le nom LOPPSI évoque quelque chose. LOPPSI, pour loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, est en train d’être votée. Mélangés gaiement dans ses 48 articles, des domaines aussi variés que la délinquance routière, la censure, le couvre-feu généralisé pour jeunes mineurs, le recours aux entreprises de sécurité privées pour remplacer la police, etc. Je reviendrai pas trop sur le contenu, ce billet en parle.
Et bien à propos de cette loi, l’article 4 a été voté et adopté il y a peu (2 ou 3 jours, avec le décalage horaire entre la France et moi, je peux plus trop dire). L’article 4, c’est celui qui donne – lisez bien chaque mot – pleins pouvoirs au ministère de l’Intérieur pour censurer des sites web en France, en mettant ces derniers sur une liste noire secrète, sans que l’autorité judiciaire (c’est-à-dire un juge) n’intervienne, et sans qu’aucune autorité extérieure ne puisse vérifier que les sites de cette liste respecte bien les conditions légales pour justifier sa censure. Les FAI sont ensuite contraints par la loi d’empêcher à tout internaute français d’accéder aux sites de la liste noire. La condition de censure, pour l’instant, c’est que le site propose du contenu pédopornographique. Je ne reviendrai pas sur l’inefficacité connue et dénoncée par les spécialistes de cette stratégie (cacher plutôt que combattre), c’est aussi dans le billet du lien plus haut. Je rappelle juste qu’un tel filtrage a déjà cours en Australie, et la liste noire ayant fuité, tous ont pu constater la présence de nombreux sites « innocents », victimes collatérales du filtrage. Les dérives ne sont pas qu’un risque théorique, elles sont constatées dans tous les pays appliquant un tel filtrage. Notre parlement, peuplé au moment du vote par 27 députés sur les 577 de l’effectif, a donné à un seul homme (qui se trouve actuellement être un délinquant récidiviste, condamné pour injure raciale et violation de la présomption d’innocence, et je ne m’étendrait pas sur la liste des conneries qu’il a faites, ça m’énerverait) le pouvoir de décréter quel site les français ont ou n’ont pas le droit de consulter. Vues les manœuvres politiques employées depuis l’enfance de cette loi pour la faire passer, on ne peut pas douter que le « combat contre les infâmes pédonazis pullulant sur Internet » soit le véritable et sincère objectif de cette loi (je vous ai déjà dit que j’aimais l’ironie ?). Je vous ai déjà parlé du FNAEG, toujours dans le billet cité plus haut, donc je ne ré-expliquerai pas en quoi le même phénomène d’élargissement à outrance du champ d’action du filtrage est une évidence qu’on ne pourra que constater a posteriori, c’est-à-dire trop tard.
Pour l’anecdote, le filtrage des sites de jeu illégaux a déjà été proposé à l’Assemblée, avant même que l’article 4 n’ait été voté. Autant dire que ça sera pas long avant que l’article 4 puisse servir à censurer plus ou moins n’importe quel site, sans aucun contrôle de qui que ce soit. Ceux qui pensent à WikiLeaks me font dire des choses que je n’ai pas dites…

Mais qu’Eric Besson a pensé très fort.

Publicités
Cet article a été publié dans Divers, Internet, Ma vie. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s